« A.L.C.O.O.L. »

Chorégraphie Littéraire

Une chorégraphie littéraire de Tungstène Théâtre

d’après un texte de Marguerite Duras, extrait de « La vie matérielle« 

Avec Céline Riesen et Chloé Hervieux

régie Stephan Telboima

Samedi 1er Avril 2017 à 20h00

à « La Salle Noire »

19 rue des Arts et Métiers / 38000 Grenoble

http://www.barbarins.com/index.php/la-salle-noire/programme

https://www.facebook.com/events/257914307987603/

Le spectacle

Deux comédiennes se livrent à une chorégraphie littéraire qui raconte l’alcoolisme au féminin par le biais des mots subtilement orchestrés par Marguerite Duras.
Le texte oscille entre un récit autobiographique et une analyse sociétale et philosophique de l’alcoolisme.
Ce que l’auteure donne à lire, nous cherchons à le donner à voir et à entendre par une mise en scène qui oscille entre formes chorégraphiées, jeu intime et réaliste et projections sonores et oniriques.
L’espace scénique épuré met en avant les corps qui sont au centre de cette création.
En fond de plateau, un espace de projection offre la possibilité d’élargir le langage scénique par une distorsion du réel.
Nous proposons au spectateur un voyage introspectif autour de son rapport à l’alcool et des
addictions en général.
Loin d’être misérabiliste, le spectacle, en cohérence avec le texte qui se refuse tout lyrisme
du désespoir, permet de toucher à la violence de cette maladie tout en y posant un regard sans
jugement ni morale et souvent très drôle.

Deux tables, deux chaises, deux bouteilles, deux verres

Note d’intention

Boire de l’alcool est un acte culturel qui peut être, pour chacun d’entre nous, signe d’addiction, de déchéance ou de mort.
Au-delà de la description de son expérience personnelle, c’est une analyse de la société toute entière que nous livre Marguerite Duras dans son récit.
C’est en tant que femme que l’auteure parle de l’alcoolisme resserrant ainsi le sujet et l’analyse.
C’est principalement ce thème qui nous donne envie d’actualiser ce texte.
Le texte de Marguerite Duras est la trame de notre proposition scénique car il est par son propos
inducteur de mouvements et d’images.
Il est une matière dynamique, non uniquement linguistique, et devient donc matière visuelle, gestuelle et sonore. A.L.C.O.O.L. est une chorégraphie littéraire où rythmes saccadés, répétitions de mouvements, déformations physiques et perceptive prennent sens.
Dans un flux de paroles entrecoupé de propositions visuelles et sonores, nous proposons au spectateur un voyage entre sensations de grande lucidité et différents états d’ébriété ; comme une réminiscence de l’alcool et de ses rémanences. L’utilisation de la vidéo, de la photo et de la bande son ajoutent à la proposition théâtrale afin d’inviter le spectateur à
s’interroger sur son rapport intime à l’alcool.
Nous nous situons dans un théâtre corporel et visuel avec une volonté maintenue de faire entendre ce texte précis et incisif.

Chorégraphie littéraire
et intentions de jeu

Parce que Duras part de son intimité, c’est dans le public que le spectacle commence.
Il n’y a pas de personnage, pas de parti pris, juste un va et vient entre le texte, une matière chorégraphique et des propositions scénographiques.
Le texte est tour à tour livré de manière intime et solitaire au public, dialogué, chanté dans la légèreté de l’ivresse, répété jusqu’à la monstruosité, à deux voix, sans voix, sans mot, le silence prend sa place.

La matière chorégraphique s’inspire de gestes en lien avec l’acte de boire et d’être saoul. De l’alcoolisme mondain à l’ivrognerie, les gestes racontent les nuances, l’allégresse apportée par l’alcool et la dégringolade que sa consommation peut entraîner.
Les corps tentent de raconter : le plaisir, la désinhibition, la fête, la déformation induite par un haut degré d’alcool, la chute, la monstruosité.
La consommation d’alcool peut permettre d’accélérer la pensée en imprimant aux idées un mouvement rapide. C’est aussi cela que l’on donne à voir, une accélération perpétuelle.

Scénographie

Un plateau épuré, peu d’accessoires, une bande son,
un espace de projection

Notre terrain de jeu est composé de 3 espaces :
Hors plateau : Les comédiennes mêlées au public interrogent la quotidienneté et la triste banalité de l’alcoolisme. La limite du théâtre et de la réalité est
floue et parfois dérangeante.
Le plateau : Deux tables, deux chaises. C’est l’endroit du texte et des silences. Les lieux où l’on boit seul, accompagné, la nuit ou le jour, dans l’anonymat ou la
fête.
Derrière le tulle : Deux étagères suspendues dans le vide, un espace surélevé. C’est l’endroit du voyage, de la folie.
Le matériau phare de la construction des éléments de décor est le zinc en raison de son potentiel scénique. Il allie un côté sobre et élégant à un imaginaire populaire. C’est le matériau traditionnellement utilisé pour revêtir les comptoirs des bars et cafés.

Un univers sonore accompagne ponctuellement les corps et les voix entraînant les spectateurs dans des dimensions plus oniriques.
La bande son élargit l’espace physique de la scène. On y entend les voix de Marguerite Duras, Nina Simone, Billie Holiday, des bruits de bar, des bribes de paroles de fin de nuit… tout un univers qui fait résonner une époque et ces grandes figures féminines abîmées par l’alcool.

La projection faite sur un tulle noir de vidéos ou de photos permet d’explorer la frontière entre les comédiennes et les images, suggérant hallucinations visuelles et déformations perceptives.

Les illusions et distorsions que permettent les projections et le travail de lumière font écho à celles induites par l’alcool et suggèrent ainsi au spectateur différents niveaux de réalité.
Par ce biais l’espace et le jeu initialement réalistes s’ouvre petit à petit à la magie et au surréalisme.

Le texte de Duras

L’alcool faisait partie de la vie de Marguerite Duras et elle l’a naturellement fait entrer dans sa littérature. Whisky, Bitter Campari, champagne, vin rouge, manzanilla, Pilsen noire, double bourbon : on peut, presque à chaque livre, associer un alcool particulier.

Dans la majorité des cas, ce sont ses personnages féminins qui boivent (la mère et Marcelle dans Des journées entières dans les arbres, Anne Desbaresdes dans Moderato cantabile, Maria dans Dix heures et demie du soir en été, Suzanna Andler et Emily L. dans la pièce et le roman du même nom).
L’alcool représente cet état célébré dans toute son œuvre : la perte de conscience – souhaitable au plus haut point – de sa propre identité. Dépossession totale de soi qui caractérise les grandes héroïnes de Duras et qu’elle-même essayait d’atteindre.

L’équipe artistique

Tungstène Théâtre est né de le rencontre artistique de deux comédiennes et d’un créateur sonore.
Il poursuit et affine une recherche artistique initiée au sein de L’Entière Compagnie avec la volonté et la particularité de traiter de sujets de société forts avec humour, sensibilité et corporalité.
Chloé Hervieux est comédienne et metteur en scène.
Adolescente, elle se forme au théâtre à l’Ecole d’Art et d’Essai (Mont Saint Aignan, 76) et joue dans les créations de la Troupe de l’Escouade.
Quelques années plus tard, elle rencontre la Compagnie l’Entreprise de François Cervantès et Prejlocaj avec lesquels elle continue à se former en théâtre et en danse.
Elle travaille ensuite en tant que comédienne avec Le Théâtre de la Tête Noire (Le ravissement de Lol V Stein), la Cie de l’Ambre (Le Grand Ordinaire), la Cie de l’Eléphant Vert, le Théâtre des Ateliers et la Cie Z’Arthomme. Au fur et à mesure des années, et avec une pratique de plus en plus affirmée de la danse, son jeu s’oriente de plus en plus vers un théâtre très corporel. Ceci s’affirme dans sa rencontre avec la Compagnie Sans Soucis avec laquelle elle monte Hamlet-Machine et Peer Gynt en théâtre de marionnettes.
Implantée depuis 2010 en Ardèche, elle travaille comme comédienne et metteur en scène avec le Théâtre Pôle Nord et L’Entière Cie.
En 2016 elle participe à la fondation de Tungstène Théâtre.

Céline Riesen est comédienne, metteur en scène et directrice artistique.
Elle a suivi une double formation théâtrale en Belgique.
D’un côté la Kleine Akademie à Bruxelles, école internationale de théâtre physique, et de l’autre le Conservatoire Royale de Liège, premier prix, section arts de la parole.
Elle monte sa première compagnie à Bruxelles, la Compagnie D’la Terre est Bleue comme une Orange (créations de spectacles de rue et théâtre jeune public). C’est dans des festivals, des rencontres de théâtre jeune public que la compagnie va se produire en Belgique et en Suisse.
Parallèlement elle commence à animer des ateliers de théâtre (enfants, ados, adultes, seniors et handicapé mentaux) et s’investit dans « Clowns Sans Frontière » Belgique. Elle partira en tant qu’artiste plusieurs fois en mission en Asie et en Afrique.
Elle travaillera aussi comme coordinatrice artistique pour la compagnie de théâtre Arsenic.
En 2009, elle quitte la Belgique et vient s’installer dans un petit village rural en France à Lentillères et participe à la création d’une deuxième compagnie : L’Entière
Compagnie.
Elle y est tour à tour directrice artistique, comédienne, metteure en scène.
En 2016 elle participe à la fondation de Tungstène Théâtre.

 StéphanTelboima est régisseur général, créateur sonore et formateur en musique électroacoustique.
Masticateur de son et de perception, sa formation passa par les diverses facettes des métiers du son : studio d’enregistrement, technique du spectacle vivant, postproduction, radio pour se créer un artefact modulaire visant l’art et la pratique du son.
Il travaille depuis plus de 25 ans avec l’organique matière des traitements sonores.
Ainsi, depuis 20 ans il développe un langage autour de la recherche-création, créateur sonore, performeur, arrangeur ou formateur en musique électroacoustique.
Au delà de la technique du son, de nombreuses collaborations dans le théâtre, la danse, la musique, lui offrent l’alimentation nécessaire à la diversité de ses expérimentations. Mélangeant la dimension sociale de son travail aux lieux de production, il intègre, par le biais d’installations ou d’ateliers, la transmission de son approche dans le devenir de la création.
Parallèlement à la recherche-création sonore, il se met au service du spectacle vivant en tant que technicien son lumière et vidéo, et devient depuis une dizaine d’années
régisseur général pour de nombreux festivals pluridisciplinaires (musique électronique, art
contemporain, spectacle vivant, art de rue..) tout en contribuant à un engagement fort dans la construction des rencontres et de leurs contributions.
En 2016 il participe à la fondation de Tungstène Théâtre.

Artistes associés

Alexa Brunet est photographe au sein du collectif transit. Elle travaille pour les institutions et la presse..Parallèlement, elle mène des projets photographiques en collaboration avec des rédacteurs et des artistes.Elle a publié 4 ouvrages a reçu de nombreux prix.
Son travail est diffusé par l’agence coopérative picturetank. Elle vit en Ardèche.
Benoit Bollon-Montgrand est réalisateur de documentaires. Depuis 5 ans, il travaille sur la psychiatrie et la grande précarité (France, EMPP Marss) et sur des festivals (Autriche, Festwochen). Vidéaste depuis 15 ans, il a travaillé avec le ballet Prejlocaj (danse), la Cie Akys Projecte (Cirque-danse), Bibendun Tremens (Cirque), Tangosumo (Danse de rue) et Guillaume Vallée (Magie).

Distribution et partenaires

Conception et jeu : Chloé Hervieux et Céline Riesen
Création lumière et sonore, direction technique : Stephan Telboima
Photos : Alexa Brunet
Vidéo : Benoit Bollon-Montgrand
Accompagnement administratif : Charlotte Fleury

Ce spectacle est produit par L’Entière Compagnie / Tungstène Théâtre
Coproduction Salle Lebournot.
Soutien à la création Département de l’Ardèche.

Accueil en résidence :
Kazkabar, Lebournot, Commune de lentillères

Merci à Fabien Bollon, Benoit Bollon, Julien Constans, Prèle Barthod, Muriel Laborde, Juliette Z, Zoé Sevrin, Claire Lauzon, Le Grand Café Français, Elsa Bonthoux, Isabelle Vincent, Joséphine Gelot, Yvan Gascon, Samuel Bauer, Josquin Senasson, Stéphane Lion, Max Legoubé, la municipalité de Lentillères.

Contact artistique 06 35 14 01 98

Contact administratif 06 16 61 97 76

tungstene.theatre@gmail.com

(teaser disponible sur la page FB)

Dossier PDF

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