Le Coucou

De la traite des noirs à l’esclavagisme moderne

Spectacle-Débat
pour un public à partir de 6 ans

création 2017
Tungstène Théâtre

 

Tout a sans doute déjà été dit

mais comme personne n’écoute

il faut bien répéter
                                                                          

                                                                            Johann Sfar

 

NOTE D’INTENTION

L’œuvre à la source de ce spectacle est Discours sur le Colonialisme d’Aimé Césaire. Ce texte résonne particulièrement avec des questions d’actualité : résurgence en Europe de groupes extrémistes prônant la supériorité ethnique de groupes sur d’autres, montée de la xénophobie,
remise en cause des systèmes démocratiques, questionnement même de la notion de liberté.
Cet écho politique est ce qui nous a tout d’abord poussé à envisager un spectacle traitant de l’esclavagisme dans la connaissance la plus commune qu’on en a (la traite des noirs) mais aussi dans sa forme actuelle et moins connue (esclavagisme moderne).
Si nous en avons fait un spectacle s’adressant à un jeune public c’est dans une volonté de proposer, dans les écoles, un spectacle où il n’est pas question de princesses et de fées mais dans lequel on parle d’histoire, d’actualités et de prise de conscience politique et citoyenne.
La dramaturgie ne repose pas sur le texte d’Aimé Césaire même s’il en est à l’origine. Elle est construite en trois parties distinctes dans lesquelles nous proposons une représentation de la traite des noirs comme symbole de l’esclavage ancien (traversées en bateau, vente aux enchères, travail dans les plantations de coton) pour glisser vers des représentations plus
contemporaines de l’esclavagisme (comme celui des enfants des mines, des filatures, des armées ou encore de l’esclavagisme domestique). L’espace de parole collective que nous créons à la suite du spectacle permet aux enfants d’élaborer des réflexions critiques donnant du sens au spectacle qu’ils viennent de voir. On y questionne le lien entre cet esclavage passé et certaines formes de discrimination qui affectent aujourd’hui des millions d’êtres humains à travers le monde.
Le Coucou est un spectacle qui a son propre langage visuel et sonore et qui a pour ambition, d’amener les enfants à s’interroger sur des événements historiques et d’actualité tout en poussant la porte de l’imaginaire.

LE SPECTACLE

Une scénographie adaptée à la thématique
Les thèmes abordés dans Le Coucou sont délicats à traiter théâtralement, qui plus est dans un spectacle destiné au jeune public. Il était exclu d’en proposer une mise en scène classique avec des comédiens jouant des scènes violentes physiquement ou émotionnellement et c’est pourtant d’esclavage dont nous parlons. C’est pourquoi Le Coucou est une proposition à la frontière entre le théâtre d’objets et une forme de théâtre documentaire, mêlant images d’archives, sons et musiques d’époque, informations historiques et formes marionnetiques.
Un spectacle d’images, retraçant de manière simple, des moments terrifiants de l’histoire et une actualité peu connue.

La bande-son, très présente dans ce spectacle, est un moyen de créer une distance et ainsi aborder des sujets difficiles.

Les divers éléments scénographiques comme la marionnette ou le dessin permettent aux enfants d’appréhender le monde extérieur et des situations réelles en toute sécurité.

Enfin, le jeu théâtral amène une humanité et une légèreté indispensable au traitement de ces thèmes.

La construction

 

Dans une première partie, on fait découvrir ou re-découvrir la tragédie de la traite négrière en expliquant simplement et avec beaucoup de distance, les enjeux de ce commerce humain et le quotidien des esclaves.

Sur le plateau, un fond de scène à plusieurs profondeurs devient tour à tour décors, castelet et support à ombres chinoises. Un théâtre d’objets et une comédienne, soutenus par une bande-son, racontent l’Afrique avant la colonisation, le commerce triangulaire et ce que devaient endurer les esclaves.

 

Dans une deuxième partie nous évoquons l’esclavagisme qui existe encore de nos jours et insistons sur celui qui touche les enfants.
L’intention est de faire réagir nos jeunes spectateurs et de solliciter la solidarité et l’engagement de ces jeunes citoyens pour combattre les nouvelles formes d’esclavage qui existent aujourd’hui.

Un nouvel espace de jeu se met en place. Une large bande de papier (de 1m50 de hauteur) se déroule et ferme le plateau telle une arène. On y découvre d’immenses dessins (dans le style du Voyage de Baudoin) représentant des scènes d’enfants exploités (des enfants travaillant dans
une mine, dans une manufacture ou dans des champs).
Une comédienne, incarnant différents personnages, traverse ses deux parties en jouant avec la bande son, les objets et les dessins.

Des paroles d’enfants, recueillies au cours d’entretiens enregistrés, ponctuent la bande-son et donne une atmosphère gaie et incongrue.

Le spectacle-débat

A la suite du spectacle d’une durée de 35 minutes environ, nous proposons aux enfants des jeux les amenant à prendre la parole sur le spectacle qu’ils viennent de voir et plus largement sur la thématique de l’esclavage.
L’objectif est de créer un espace de parole collective. Ce débat aura lieu sous forme de jeux, de petites scènes jouées par la comédienne et de questions posées aux enfants.
La forme que nous avons choisie est courte et légère pour que nous puissions nous adresser à un large public. Visible en salle classique comme dans des lieux plus insolites, elle nous offre un espace de créativité libéré des normes. Nous la voulons accessible dès 6 ans.

DISTRIBUTION

Conception Chloé Hervieux et Muriel Laborde
Écriture Chloé Hervieux, Muriel Laborde, Céline Riesen
Mise en scène Chloé Hervieux
Construction et technique Muriel Laborde
Jeu Céline Riesen
Dessinateur Non défini
Administration Charlotte Fleury
une création de Tungstène Théâtre
Alcool (création 2016, Centre Le Bournot)

L’EQUIPE ARTISTIQUE

  • Chloé Hervieux est comédienne et metteur en scène.

Adolescente, elle se forme au théâtre à l’Ecole d’Art et d’Essai (Mont Saint Aignan, 76) et joue dans les créations de la Troupe de l’Escouade.
Quelques années plus tard, elle rencontre la Compagnie l’Entreprise de François Cervantès et Prejlocaj avec lesquels elle continue à se former en théâtre et en danse.
Elle travaille ensuite en tant que comédienne avec Le Théâtre de la Tête Noire (Le ravissement de Lol V Stein), la Cie de l’Ambre (Le Grand Ordinaire), la Cie de l’Eléphant Vert, le Théâtre des Ateliers et la Cie Z’Art-homme. Au fur et à mesure des années, et avec une pratique de plus en plus affirmée de la danse, son jeu s’oriente de plus en plus vers un théâtre très corporel. Ceci s’affirme dans sa rencontre avec la Compagnie Sans Soucis avec laquelle elle monte Hamlet Machine et Peer Gynt en théâtre de marionnettes et le Théâtre Pôle Nord (Empreinte).
Implantée depuis 2014 en Ardèche, elle fonde le Tungstène Théâtre qui propose sa première création Alcool en 2016.

  • Muriel Laborde est régisseuse et constructrice de décors et accessoires de spectacle.

En 1996, elle rejoint l’équipe des relations publiques au théâtre du Merlan pour travailler sur des missions liées au secteur 13/14.
Très vite, elle décide de ré-ouvrir le cinéma du théâtre, et mène alors des projets d’actions culturelles autour de l’image en relation avec les spectacles invités, s’occupant de la programmation comme de la diffusion.
En 2002 elle devient technicienne. Et, depuis plus de dix ans, elle travaille sur les différentes scènes marseillaises ainsi qu’avec des compagnies (le Merlan, la Friche, Lieux publics, la Cie Sans soucis, le théâtre du Centaure…) ; elle participe aussi à des tournages de cinéma, fiction et documentaire.
Spécialisée en son, sa polyvalence en plateau et lumière font d’elle une complice précieuse et acharnée sur et hors scène.
Récemment, son goût pour la scénographie et la construction, l’a amenée à s’initier à la charpente.

  • Céline Riesen est comédienne et metteur en scène.

Elle a suivi une double formation théâtrale en Belgique.
D’un côté la Kleine Akademie à Bruxelles, école internationale de théâtre physique, et de l’autre le Conservatoire Royale de Liège, premier prix, section arts de la parole.
Elle monte sa première compagnie à Bruxelles, la Compagnie D’la Terre est Bleue comme une Orange (créations de spectacles de rue et théâtre jeune public). C’est dans des festivals, des rencontres de théâtre jeune public que la compagnie va se produire en Belgique et en Suisse.
Parallèlement elle commence à animer des ateliers de théâtre (enfants, ados, adultes, seniors et handicapé mentaux) et s’investit dans « Clowns Sans Frontière » Belgique. Elle partira en tant qu’artiste plusieurs fois en mission en Asie et en Afrique.
Elle travaillera aussi comme coordinatrice artistique pour la compagnie de théâtre Arsenic.
En 2009, elle quitte la Belgique et vient s’installer dans un petit village rural en France à Lentillères et participe à la création d’une deuxième compagnie : L’Entière Compagnie.
Elle y est tour à tour directrice artistique, comédienne, metteur en scène.
Elle fonde le Tungstène Théâtre qui propose sa première création Alcool en 2016.

 

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